L'OIG milite pour mutualiser les expériences de gratuité en matière de restauration scolaire et d'alimentation subventionnée.

l'OIG pose la question de la gratuité de la restauration sociale afin notamment d'en faire un levier pour la transition écologique.

L'OIG provoque...à la réflexion en parlant de gratuité générale de l'alimentation.

 notamment dans les pays appauvris

Il ne s'agit pas, là enocre, de rendre gratuits la restauration existante...

Il s'agit d'utiliser la gratuité pour inventer une alimentation écologiquement et socialement responsables.
Chiche ! Nous on peut !

 

   

Restauration scolaire

Sur le site de l'UNICEF...

 

Drancy et le Bourget ont choisi la gratuité pour les cantines de leurs écoles primaires : réaction de Laurence Hintzy, qui travaille sur cette question à l’Unicef France.

Selon vous, la crise que traverse aujourd’hui le système des cantines scolaires s’explique d’abord par le fait qu’il n’est plus adapté à la société d’aujourd’hui ?

 

La restauration scolaire a été créée dans les années 1950 et 1960 pour les 20% d’enfants dont les deux parents travaillaient. Notre société a changé en profondeur depuis, et ce service fondamental doit évoluer pour être en harmonie avec nos manières de vivre.

 

Aujourd’hui près de 90% des enfants scolarisés en primaire ont besoin de déjeuner à la cantine. Or, les places dans les cantines ne sont pas assez nombreuses et le règlement administratif vieux de 50 ans est utilisé encore pour refuser parfois l’accès à certains enfants dont, par exemple, l’un des parents ne travaille pas.

 

Sous la pression des parents et des associations, qui ont déposé des recours au Tribunal Administratif, des jurisprudences, depuis quelques années, ont ouvert l’accès à la restauration scolaire d’enfants de chômeurs. Certaines communes ouvrent même les portes de leurs cantines aux enfants de Rmistes, et beaucoup d’entre elles font des efforts pour accueillir les enfants de foyers monoparentaux.

 

Mais ces assouplissements des règlements administratifs ne sont pas appliquées dans toutes les communes de France : chaque commune est seule décisionnaire de sa politique d’accès à la restauration scolaire. Et la plupart des communes sont au maximum des possibilités d’accueil de leurs cantines scolaires.

 

90 % des enfants du primaire ont besoin de manger à la cantine pour plusieurs raisons : pour être nourri convenablement et avoir au moins un repas équilibré (à l’âge de ces enfants, il faut prévenir les troubles de l’alimentation qui s’avèrent difficiles à corriger lorsque les enfants sont au collège), mais aussi pour apprendre à « socialiser » convenablement l’heure du repas en le partageant avec d’autres. La restauration scolaire a un rôle pédagogique, et devrait faire partie de l’apprentissage scolaire..

 

Gratuité ou accès ?

Quelle est votre réaction face à la décision des maires du Bourget et de Drancy d’instaurer la gratuité ?

 

C’est une bonne décision pour des communes qui appartiennent à un tissu urbain dans lequel beaucoup de familles touchent les minima sociaux. Mais si la gratuité est un moyen pour accueillir certains enfants aujourd’hui exclus, un texte de loi qui généraliserait cette initiative ne me semble pas réaliste. En effet, le problème du financement se pose, comme plusieurs maires l’ont fait remarquer avec une inquiétude justifiée. On ne peut faire peser sur les seules communes le poids d’un service déjà déficitaire, et l’aide de l’Etat ne peut raisonnablement s’appliquer à l’ensemble des communes de France à la hauteur de ce que fut sa contribution à « l’opération cantine gratuite » de Drancy et du Bourget !
 

 

Vous considérez pourtant le système de gratuité pratiqué par les pays du nord de l’Europe comme un modèle.

 


Oui : il associe depuis sa création l’éducation et le repas, en considérant qu’un enfant qui a le ventre vide ne peut pas apprendre. C’est d’ailleurs ce raisonnement que tient l’Unicef pour ses programmes de scolarisation dans les pays pauvres et l’on a pu voir l’an dernier au Kenya 1,3 million d’enfants regagner les bancs de l’école lorsqu’un repas leur était servi. Ce serait idéal si le système de la Suède était transposable dans notre pays.

 

Mais il faut être pragmatique : le système français est le produit d’une histoire qui s’est construite différemment. Notre taux d’imposition n’est pas aussi élevé que celui de la Suède ! En France, l’Etat n’aura jamais les mêmes moyens. Et puis, il ne faut pas se tromper de débat. On estime que 140 000 enfants ne mangent pas à la cantine alors qu’il auraient besoin de ce repas. .La gratuité ne résout pas (au contraire) le problème du manque de places, et ne répond pas au problème posé par l’inégalité des enfants dans l’accès à la restauration scolaire !

 

Que préconisez-vous ?

 

Je vais bientôt rencontrer les maires de Drancy et du Bourget. La gratuité telle qu’ils l’ont instaurée est probablement adaptée à une dizaine de communautés de communes en France. Pour le reste, je crois qu’il faut généraliser les bonnes pratiques.

 

Il faut, dans la majorité des cas, augmenter le nombre des places de cantine. Faire de la place aux plus pauvres aux dépends des plus « aisés » ne suffit pas. Si, avec de louables intentions, on refuse la cantine à un enfant dont la mère travaille et dont le foyer a des revenus corrects , pour « céder la place » à un enfant d’une famille défavorisée (j’ai vu le cas), ce sont d’énormes problèmes d’organisation et d’argent qui sont causés aux parents, et qui viennent amputer les revenus du foyer.

 

Sans doute faut-il mettre systématiquement à la barre la plus basse dans l’échelle de prix déterminés par le système du quotient familial les cas de parents isolés. Il s’agit presque toujours de femmes, qui, d’après nos études, ont beaucoup de mal à gérer les finances de la famille avec leur salaire et les pensions (faibles ou inexistantes) de l’ex mari ou compagnon.

 

Autre problème : les impayés. Ils ne concernent pas forcément les familles les plus pauvres, mais celles situées juste au-dessus, qui privilégient d’autres dépenses et sont sur-endettées. Le pré-paiement en début de mois serait-il une solution ? Peut-être. Mais il faut surtout travailler sur les mentalités (par une campagne de sensibilisation ?) pour remettre la nutrition et l’alimentation au cœur des préoccupations de santé, et sensibiliser les parents à cette nécessité.

 

Enfin, il faudra bien aborder la question des sans-papiers : le système actuel réclame des papiers que, par définition, ils ne peuvent pas présenter alors qu’ils peuvent souvent payer. On ne peut pas d’un côté accorder à ces enfants le droit à l’éducation, et de l’autre, leur refuser le droit de se nourrir. C’est une question de cohérence.
 

 

Pensez-vous que la gratuité peut dé-responsabiliser des parents qui ne mettent déjà pas cette préoccupation au premier plan ?

 

Je ne pense que la gratuité de l’école ou des services de santé déresponsabilise les citoyens qui, de toute façon, n’auraient pas les moyens de payer les services qu’on leurs offre ! La restauration scolaire gratuite pour les plus démunis est donc une bonne chose. On a beaucoup parlé depuis l’action des maires de Drancy et du Bourget, de responsabilité, de dignité… Il me semble que la dignité de l’enfant passe par une égalité d’accès à la cantine scolaire. Loin des débats partisans ou des annonces démagogiques, il s’agit avant tout de rénover un service fondamental pour notre jeunesse, et notre avenir.

 

 

 

 

PCF 93 CANTINE GRATUITE DRANCY

DES REPONSES SOCIALES ET NATIONALES AUX BESOINS DES GENS
COMMUNIQUE DE LA FEDERATION DE LA SEINE SAINT DENIS DU PARTI COMMUNISTE FRANCAIS

Marquée par des années de politique droitière d’une dureté absolue pour la population de notre pays qu’ils ont menée, les de Villepin, Sarkozy et Bayrou de tous acabits tentent de se refaire une virginité sociale. En quelques jours les annonces au caractère soit disant social se multiplient. L’UMP et l’UDF ont analysé les sondages qui font démonstration que la précarité, le pouvoir d’achat sont les préoccupations principales des Français et que l’élection présidentielle ne se fera pas sur un contenu sécuritaire.

Comment ne pas s’indigner que des dizaines de milliers de personnes couchent dehors, n’aient ni toit ni droit, comment ne pas exploser de colère devant ces familles qui sont logées à des prix insupportables dans des taudis ? Et comment ne pas être scandalisé de la réponse apportée par le gouvernement sur cette question : le droit opposable au logement. D’abord, le texte prévoit une mise en œuvre pour 2012, alors qu’il y a urgence. Ensuite, c’est aux pauvres, aux exclus du logement qu’il revient de saisir un avocat, de porter en justice leur problème pour que la collectivité locale soit in fine condamnée à loger le plaignant. Dans quel pays vivons-nous ? Est-ce par cet artifice que les 600 000 logements sociaux qui font défaut seront construits ? Est-ce en judiciarisant la société comme aux Etats-Unis, que l’on va répondre sérieusement à la demande sociale ? Est-ce en culpabilisant les Maires qui ne peuvent plus répondre à l’explosion de la demande sociale que l’on va trouver des solutions de justice ? NON. Il faut une autre politique du logement dans ce pays, une politique axée sur un grand service public du logement, une politique de construction audacieuse pour répondre aux besoins, une politique de maîtrise du prix des loyers, une politique qui privilégie l’homme au détriment de la spéculation immobilière, une politique qui n’oppose plus les territoires et les gens entre eux, mais qui impose la solidarité nationale en terme de logement à toutes les communes et d’abords celles qui refusent comme au Raincy de construire les logements pour ceux qui dorment dehors !

De même que le logement, la question de la gratuité scolaire est une question nationale. Qui n’a pas entendu les louanges tressées à Lagarde, Maire de Drancy qui vient de décréter la gratuité dans les cantines scolaires ? Tout le monde se satisfait que les enfants notamment des familles les plus démunies puissent se nourrir correctement au moins une fois par jour. Mais est-ce vraiment le cas ? Les centaines d’enfants qui veulent légitimement s’inscrire à la cantine seront-ils accueillis ? Et le seront-ils demain ? Les premiers échos du Bourget et de Drancy nous inquiètent : il est déjà question de « faire le tri » des enfants pour lesquels la mesure s’appliquera, tous ne seront pas accueillis faute de place et de moyens…Et les premiers visés seront ceux dont les parents « restent » à la maison, donc, ceux qui à priori en le plus besoin d’une gratuité ! Les finances locales ne permettent pas de remplir un tel objectif social. Le constat est fait, il s’agit d’une mesure politicienne, d’un élu plus enclin à entrer en campagne en fanfare, plutôt qu’à se soucier réellement des besoins des gens, de créer les conditions d’une bonne mise en œuvre de ses décisions…

La question de la gratuité est une question sociale qui doit être envisagée en dehors de considérations politiciennes. Elle doit être posée dans sa globalité : parlons plutôt de la gratuité de l’école, et ce, tout au long de la scolarité, de la maternelle à l’université ! Et dans ce cas, exigeons de l’Etat qu’il prenne ses responsabilités : si les collectivités locales assument seules la gratuité, alors il y aura des disparités entre les plus riches et les plus pauvres d’entre elles et, finalement, l’égalité, la solidarité nationales ne seront pas garanties… Encore une fois, les habitants des quartiers seront défavorisés et tout cela contribuera à faire un peu plus une école à deux vitesses…Il fait arrêter ces oppositions de gens entre eux, cette stigmatisation territoriale qui diluent le traitement national de la solidarité. C’est d’une politique globale dont les gens et le pays ont besoin.

Pour les communistes, la question de la vie des gens est au centre des réponses politiques à apporter. Dans une situation où la pauvreté touche 10 millions d’habitants de notre pays, où le chômage frappe une population très large du département (le taux le plus fort de l’Ile de France), où 50 000 demandeurs de logements attentent une réponse sociale à leur besoin d’habitat, il faut être à l’offensive. Face à l’urgence sociale, on ne peut pas se contenter de demi mesures, encore moins de laisser les Villes se débrouiller seules, car les réponses apportées seront des réponses d’opposition des populations entre elles, d’opposition des territoires entre eux, et visent à maintenir les pauvres dans le carcan de la pauvreté, sans horizon.

La vraie bataille, la plus urgente, pour répondre à la souffrance sociale de millions de gens en France, c’est l’augmentation du pouvoir d’achat, l’augmentation des salaires, des minima sociaux, des retraites ! Avec Marie-George Buffet, nous proposons de construire une dynamique politique résolument populaire pour bousculer le paysage politique et porter un projet ambitieux, combatif à gauche.

Pantin 11 janvier 2007

 

En Belgique aussi...

La cantine gratuite pour tous ?

Une idée intéressante qui ne fait pas que des émules…

La cantine gratuite pour tous ? Une idée intéressante qui ne fait pas que des émules…
En cette période préélectorale, Paul Magnette, président du Parti Socialiste, exposait, dernièrement, différentes propositions axées sur la lutte contre l’échec scolaire et les inégalités fondamentales, dans le maternel et le primaire. L’une d’elles consiste à ce que toutes les écoles délivrent, gratuitement, le midi, un repas chaud à tous les élèves, afin de « lutter contre les inégalités en matière d’alimentation». L’idée, taxée d’électoraliste et de « non prioritaire », ne semble pas séduire…

La proposition est d’inspiration finlandaise où la gratuité des repas est institutionnalisée et valable pour tous les enfants, dans les crèches, les écoles primaires, les établissements secondaires et les écoles professionnelles. Si, bien sûr, le repas permet aux élèves de se restaurer, il fait aussi office de leçon de santé, de nutrition et de consommation réfléchie. L’idée donc, selon Paul Magnette, serait d’offrir aux élèves « des plats diététiques, en faisant appel aux producteurs locaux ». Ces repas pourraient être distribués grâce à « des cuisines dans les écoles, des cuisines centrales ou avec l’aide des CPAS ». Une enveloppe de 231 millions d’euros serait nécessaire pour mettre en application la proposition.

Ainsi, Paul Magnette, par la gratuité, souhaite inciter les parents à inscrire leurs enfants à la cantine. Mais qu’en est-il de la fréquentation des cantines, aujourd’hui, en Fédération Wallonie-Bruxelles? Et quel rôle social peut-elle jouer ?

Une mauvaise réputation

Actuellement, en Fédération Wallonie-Bruxelles, 80 % des écoles proposent des repas chauds. Pourtant, seulement, un enfant sur cinq est inscrit à la cantine, pour un enfant sur deux en France. Tout comme la « lunch box » en Angleterre, la « boîte à tartine » en Belgique est une institution, ce qui peut expliquer le manque d’entrain des parents à mettre leurs enfants à la cantine. Mais au-delà de la dimension culturelle, différents aspects des cantines scolaires découragent les parents à y mettre leurs enfants:

- l’hygiène : le rapport annuel d’activités de l’Agence fédérale de sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), paru en 2012, établit que 35 % des établissements sur les 1. 316 écoles inspectées ne répondent pas aux exigences en matière d’hygiène. Les manquements les plus fréquents sont : une mauvaise hygiène du personnel manipulant les denrées (cheveux non attachés, ongles sales, etc.), la malpropreté des surfaces en contact avec la nourriture, ou encore le non-respect de la chaîne du froid ;.

- l’équilibre nutritionnel : les parents craignent que les plats soient peu équilibrés et trop gras ;.

- le prix : le prix des repas fluctue d’une école à l’autre. Il varie, pour le primaire, d’1€ à 4,80€, et, pour le secondaire, de 1,50€ à 6,70€ ;.

- les spécificités religieuses et philosophiques : certains parents craignent que la cantine ne respecte pas certains préceptes religieux ou philosophiques.

Une urgence sanitaire

Pourtant, la Belgique, à l’instar de nombreux pays, est largement confrontée au phénomène de surpoids, qui concernerait un enfant sur cinq. En mars 2010, l’Institut Scientifique de Santé Publique affichait les premiers résultats de l’Enquête de Santé Nationale 2008. Dans le cadre de cette enquête, 11 250 personnes avaient été interrogées au sujet de leur santé. Du côté des enfants, les résultats ne sont pas plus encourageants que chez les adultes: 18 % des jeunes âgés de 2 à 17 ans souffrent de surpoids. Plus précisément, 22% des enfants des enfants de 5 à 9 ans sont concernés.

Cet excès de poids chez l’enfant engendre une série de complications physiques, mais également psychosociales. Sur le plan physique, une obésité précoce peut avoir des de larges conséquences sur la santé des jeunes enfants : diabète, risques cardio-vasculaires, problèmes orthopédiques, vergetures, hirsutisme, acné… Sur le plan psychosocial, le surpoids entraîne une mauvaise estime de soi et peut être source d’anxiété chez l’enfant. Par ailleurs, au niveau du groupe, l’obésité est souvent associée à une série de stéréotypes négatifs : l’excès de poids est synonyme de dysfonctionnement social, de paresse, de moindre intelligence, de diminution des performances physiques, de mauvais état de santé, etc.

Un rôle à jouer dans l’égalité

Pierre-Paul Boulanger, administrateur de l’Ufapec, signalait dernièrement, dans Le Soir , qu’en effet, certains enfants n’avaient pas une alimentation saine le midi. Les études indiquent que les bonnes habitudes alimentaires se forment pendant l’enfance. Les enfants qui mangent beaucoup de fruits et légumes resteraient ainsi de grands consommateurs de ces produits par la suite. A l’inverse, ceux qui adoptent très tôt de mauvaises habitudes alimentaires ne modifient généralement pas leur comportement en grandissant.

Les recherches ont également montré que les familles ayant un faible niveau de revenus ont tendance à consommer moins de fruits et légumes frais et sont davantage touchées par les problèmes de surpoids . Dès lors, la distribution gratuite de produits sains dans les écoles génère un effet positif chez les jeunes, en particulier dans les quartiers les moins favorisés. La cantine aurait donc un rôle important à jouer dans l’éducation à l’alimentation saine, à condition, bien sûr, que le dispositif respecte certains principes.

Des cantines qui évoluent

Aujourd’hui, les cantines changent. Nombre d’établissements travaillent à l’amélioration de la qualité de leur restauration. Ainsi fleurissent des initiatives nutritionnelles et pédagogiques de qualité : journée sans viande, repas bio/équitable, journée gastronomique… De même, en tentant de jouanter sur les couleurs, les odeurs, les nutritionnistes tentent de faire découvrir de nouvelles saveurs, pour amorcer de nouvelles pratiques chez les enfants. Notons que la mise en place de nouvelles pratiques alimentaires n’est sont pas plus chères pour la collectivité, et ne nécessitent parfois que quelques aménagements au sein de l’école. Peut-être la route est-elle en marche pour enfin réhabiliter les cantines.

Les réactions

En attendant, les réactions, face à la proposition de Paul Magnette, ne se sont pas fait attendre. Louis Michel (MR) accuse Paul Magnette de faire « de la publicité mensongère » pour une mesure « impayable ». Les associations de parents (FAPEO et Ufapec), jugent, quant à elles, l’idée bonne mais non prioritaire, et s’apparentant davantage à un « discours de campagne ». D’autres rappellent que Paul Magnette, en tant que bourgmestre de Charleroi, aurait pratiqué une augmentation du prix des repas scolaires de 50 cents de plus par repas scolaire .

Dans tous les cas, si la proposition est intéressante sur le papier, il semble qu’il y ait encore du chemin à parcourir, pour que les mentalités changent, et que la cantine gratuite s’applique à tous les élèves, en Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

Juliette Bossé, secteur Communication

http://ligue-enseignement.be/la-cantine-gratuite-pour-tous-une-idee-interessante-qui-ne-fait-pas-que-des-emules/

 

 

Après la restauration scolaire...pourquoi pas la restauration sociale ?

La restauration sociale c'est plus d'un repas sur deux.
C'est donc un sacré levier pour transformer l'agriculture mais aussi pour valoriser une autre culture alimentaire.

 

Après la restauration sociale..pouquoi ne pas rendre gratuite toute l'alimentation?

A lire : Paul Aries, Campagnes solidaires (Confédération paysanne), juin 2013

 

Aide alimentaire ou service public de l’alimentation ?

 

Aide alimentaire ou service public de l’alimentation ?

 

texte paru dans Campagnes solidaires,mensuel de la Confédération paysanne, juin 2013

 

 

 

La question de l’aide alimentaire prend une importance nouvelle avec le mouvement programmé de « démoyennisation » de la société, du développement du précariat et du chômage de masse. Le nombre de jeunes, de personnes âgées et de familles à se priver sur le plan alimentaire explose. On estime à plus d’un milliard à l’échelle planétaire le nombre de personnes aujourd’hui mal nourries. Plus de 7 millions de français seraient en droit de recourir à l’aide alimentaire, mais dans ce domaine comme dans tous les autres, ce qui domine ce n’est pas la fraude mais le scandale du non-recours aux droits sociaux. Cette population malnutrie est considérée à l’image des pauvres en général comme un fardeau à la charge de la société qui n’en pourrait plus de payer pour une foule d’assistés. La facilité avec laquelle la majorité accepte la casse des aides sociales en est un bon symptôme. J’aimerai montrer qu’un autre point de vie est possible qui transformerait fondamentalement la façon de poser la question de l’aide alimentaire et donc les réponses à apporter à la crise actuelle. J’ai envie déjà de faire un parallèle avec la situation de la restauration sociale (école, entreprise, etc.) longtemps considérée comme le parent pauvre des politiques publiques, alors qu’avec son poids économique (près d’un repas sur trois) elle pourrait constituer un levier politique majeur pour transformer les politiques agricoles, grâce à de nouvelles politiques en matière d’achats publics. Il est évident que si on doit re-municipaliser (et il le faut) la restauration scolaire ce n’est pas pour faire la même chose que les Sociétés de Restauration Collective, mais pour aller vers une alimentation faite sur place, relocalisée, resaisonnalisée, moins gourmande en eau, moins carnée, assurant la biodiversité, etc. Pourquoi ce même raisonnement ne vaudrait-il pas pour l’aide alimentaire ? Des expériences prouvent qu’il est possible de faire de l’aide alimentaire avec des circuits courts mais aussi avec des produits de saison, privilégiant le fait soi même plutôt que des produits tout-faits. D’autres expériences organisées par des Centres sociaux ou des CCAS montrent qu’il est aussi possible de miser sur des savoirs faire populaires pour réapprendre à cuisiner/manger autrement. Je suggère donc de changer notre regard et de ne plus considérer que le mode d’exercice le plus efficace du droit à l’alimentation soit l’aide alimentaire mais plutôt un service public de l’alimentation. Oui, il est possible d’imaginer un service public de l’alimentation et on pourrait même imaginer qu’il devienne un jour gratuit, comme l’école publique, comme la santé publique, comme les transports en commun urbains, les services culturels et même les services funéraires. Il ne s’agirait pas d’un cadeau fait aux pauvres, d’une gratuité d’accompagnement du système qui ne va jamais sans condescendance et sans flicage (êtes-vous un vrai pauvre méritant ou un assisté ?) mais d’une gratuité d’émancipation car fondée sur la construction de « communs » (tout comme l’école), permettant de mettre en œuvre des politiques changeant les façons de  manger donc de produire. Oui, nous devons, pour cela, modifier notre regard sur ceux qui recourent à l’aide alimentaire. Ils ne sont pas les contre-exemples de ce qu’il conviendrait de faire pour que tout aille mieux sur Terre. Les contre-exemples ce sont les choix alimentaires (contraints certes par la publicité et le marketing) d’une minorité qui affament les autres et détruisent la biodiversité et l’agriculture paysanne. Si tant de gens sont affamés, sous-nutris, malnutris, ce n’est pas un problème de pénurie agricole, ce n’est pas un problème de moyens car la planète est déjà assez riche pour nourrir 7 milliards d’humains. L’ONU estime qu’il suffirait de mobiliser 40 milliards de dollars US supplémentaires pendant 25 ans pour que plus personne ne crève de faim et que 80 milliards régleraient la grande pauvreté. Ces 40 ou 80 milliards sont introuvables mais le budget militaire mondial est de 1400 milliards de dollars, celui de la publicité de 800 milliards et le Produit industriel Criminel (argent sale) de 1000 milliards. L’équivalent d’une seule journée de travail mondial exprimé en PIB permettrait de nourrir chacun ! L’aide alimentaire n’est pas du côté de la construction d’alternatives : elle permet aux pauvres de manger la même chose en moins, elle soutient l’agriculture productiviste et la grande distribution… Un service public de l’alimentation pourrait au contraire libérer des territoires pour faire du neuf. L’alimentation des riches c’est aujourd’hui un tiers de la production mondiale gaspillée. Les seuls gaspillages alimentaires nord-américains atteignent 100 milliards de dollars et l’excès de consommation des personnes obèses représente 20 milliards de dollars par an. Un service public gratuit de l’alimentation ? Une utopie réalisable ou une illusion ? Avec la moyenne de consommation alimentaire de l’UE - 27 qui est de 1600 euros par an, rendre gratuit l’alimentation de 60 millions de français coûterait environ 150 milliards d’euros…. soit 4 fois le budget des armées.

 

 

 

Cantines gratuites mais avec une autre alimentation et agriculture

Pour une alimentation écologiquement et socialement responsable,

Colloque alimentation et écologie (2)

 

On débat largement des politiques agricoles mais moins des politiques alimentaires. Les gauches antiproductivistes et les écologistes antilibéraux engagent pourtant avec raison une remunicipalisation de la restauration scolaire afin d'inventer d'autres politiques alimentaires que celles que voudraient nous imposer le FMI, l'OMC et les autres grandes institutions mondiales au nom de l'hygénisme et du « réalisme ».. Ce combat est celui qu'il faut frayer face aux délires des puissants. La table moderne se caractérise par sa destructuration : on mange de plus en plus n'importe quoi, n'importe où, n'importe comment, n'importe quand et avec n'importe qui (au regard des tables anciennes)....Cette destructuration de la table n'est pas accidentelle : elle a été la condition pour développer une agriculture productiviste. Nous ne pourrons revenir à une alimentation écologiquement et socialement responsable que si nous (re)symbolisons et (re)ritualisons nos façons de manger. Cette table plus responsable écologiquempent et socialement sera également plus goûteuse. Une vie comprend environ 100 000 repas (sans compter les apéritifs, cocktails, goûters, grignotage). L'alimentation hors foyer en représente 50 %.  La restauration collective (restauration scolaire, d'entreprise, hospitalière, pénitentiaire, etc) représente environ la moitié de ces 50 % : les pouvoirs publics disposent donc d’un bon levier.

L’alternative est entre des politiques alimentaires responsables qu'il nous faut inventer et une fuite en avant techno-scientiste vers une séparation progressive de l’agriculture et de l’alimentation, avec, par exemple, après les OGM, l’introduction massive de nano-aliments (comme l’utilisation de nanocapsules pulvérisées sur les grains de café et qui éclatent lorsqu’on verse de l’eau chaude afin de libérer leur substance), ou d’aliments industriels (comme la création de viande artificielle à partir des techniques utilisées pour la création de peau artificielle comme le recommandent des experts... ). Nous ne pourrons choisir des politiques responsables si nous oublions le reste du monde. La FAO estime certes que l'on est passé d’une consommation moyenne mondiale de 2358 kilocalories par jour et par personne en 1965 à 2803 Kcal en 1998, mais cette surconsommation calorique concerne bien sûr les pays riches et émergents. Les autres nations s’enfoncent en revanche dans une malnutrition chronique. On rappellera aussi que si 28 millions de paysans sont équipés de tracteurs, 250 millions utilisent la traction animale et un milliard travaillent avec la seule force musculaire. La vraie question est de savoir si l'on veut nourrir sept milliards d'humains avec quelques centaines de milliers d'agro-managers ou avec un milliard et demi de petits paysans.

 

 

On peut établir la dépense carbonique par repas de façon fiable.

On sait que la Terre ne peut aborder chaque année plus de trois milliards de tonne d'équivalent carbone. Puisque l’alimentation représente un tiers des émissions, on peut estimer (toute chose égale par ailleurs) que l’effort à accomplir sera proportionnel.

Un repas écologiquement responsable ne devrait donc pas dépasser :

3 milliards de TEC / 6 milliards d’humains : 500 kg Eq/C par personne et par an.

500 / 3 (tiers pour alimentation) / 365 jours / 3 (prises alimentaires) =

152 grammes Eq/C.

Ces 152 grammes de carbone représentent 557,38 grammes de CO2.

Ce chiffre maximal dont le respect est indispensable pour que l’humanité puisse poursuivre son aventure dans des conditions soutenables n’est actuellement respecté par aucune forme d'alimentation commerciale.

 

On rappellera que par convention 1 kg de CO2 vaut 0,2727 kg d’Eq/C.

 

Le budget CO2 alimentaire annuel ne devrait donc pas dépasser :

557,38 x 365 x 3 (prises alimentaires) = 610 kg de CO2

 

La prise en compte des disparités nationales prouve qu’on peut agir.

L’alimentation d’un anglais représente 1778 kg de CO2 par an.

Celle d’un français 1444 kg.

Un repas occidental équivaut cependant en moyenne à 3 kg Eq/CO2.

Notre alimentation représente donc plus de 5 fois ce que la Terre peut tolérer.

 

Comment calculer les gaz à effet de serre dans nos aliments ?

 

L’expert Jean-Marc Jancovici (site Manicore) rappelle que l’agriculture est responsable de l’essentiel des émissions pour les gaz à effet de serre autres que le CO2 : méthane et protoxyde d’azote. Ces deux gaz causent un tiers des émissions de GAS en France. Les méthodologies de calcul de GAS par catégorie d’aliments tiennent compte de l’ensemble des phases du processus agricole puis alimentaire.  Plusieurs organismes publics et associations ont chiffré de façon standard les GAS dans différentes assiettes.  On peut rappeler quelques calculs de Denis Delbecq :

Asperges de Hongrie, 1 kg (camion) : 500 g eq-CO2

Asperge du Pérou, 1 kg (avion) : 12,1 kg eq-CO2

Bouteille de champagne (0,75 litre) : 2,2 kg eq-CO2

Bouteille vin de Bordeaux (0,75 litre) : 1 kg eq-CO2

Bouteille de plastique (1 L) : 129 g eq-CO2

Céréales (boules de maïs soufflé au miel) 350 g : 235 g eq-CO2

Emmental rapé (200 g) = 1,3 kg eq-CO2

Fraises d’Espagne (500 g) : 442 g eq-C02

Brique de jus d’orange (1 l) : 1,7 Kg eq-CO2

Viande de veau (100 g) : 3,6 kg eq-CO2

Saucisse de Strasbourg (par 4) : 1,025 Kg-eq-CO2

Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’un cheesburger représente selon l’Institut Bruxellois pour la gestion de l’environnement 3 kg de CO2…

On comparera ces chiffres avec par exemple ceux de la fabrication d’un ordinateur de bureau à écran plat soit 740 kg-eq-CO2 soit autant qu’une automobile parcourant 6166 kilomètres. La fabrication d’un ordinateur (sans utilisation) représente donc déjà le maximum possible.

 L’agence européenne établit par exemple deux types de menu.

Menu 1

Un litre eau de ville

Une cuisse de poulet

200 grammes de haricots verts frais

¼ d’ananas frais (Côte d’Ivoire par bateau)

Total : 0,6 kg eqCO2

 

Menu 2

Un litre eau minérale

150 grammes de bœuf

200 grammes de haricots verts surgelés

¼ d’ananas frais (Côte d’Ivoire par avion)

Total : 5,6 kg eqCO2

 

Nous pouvons faire deux constats

1)                 Aucun de ces deux repas n’est écologiquement responsable.

Le premier n’est cependant pas très éloigné du quota maximum.
Il aurait suffi de remplacer l’ananas par un fruit local.

2)                 Le repas 2 représente cependant 9,3 fois les émissions du repas 1

Le grand enjeu est d’inventer pour le 21e siècle une alimentation écologiquement responsable.

Il faut pour cela que l’agriculture/alimentation redevienne productrice d’énergie et non plus consommatrice. Ce rapport ne s’est inversé qu’il y  a environ quarante ans. On consomme aujourd’hui environ 10 calories pour produire une calorie alimentaire.

Une alimentation écologiquement responsable devrait tendre vers huit grands objectifs :

Une alimentation moins carnée

La viande pèse très lourd en GES. Elle représente 50 % de l’impact de l’alimentation et environ 10 % de l’impact environnemental global de l’ensemble des biens de consommation. Son apport en nutriments est en revanche infiniment plus faible. Un Belge consomme en moyenne 270 g de viande par jour (recommandation santé sont de 75-100 g par jour). Toutes les viandes n’ont pas cependant le même bilan carbone : il faut préférer le poulet au porc, le porc au mouton, le mouton au bœuf, le bœuf au veau. 
Jancovici précise que la production d’un kg de viande de veau rejette environ la même quantité de GES qu’un trajet automobile de 220 km, l’agneau de lait : 1800 km, le bœuf : 70 km, le porc : 30 km.

On sait également que pour une même surface…..

1)                 Une alimentation à base de légumes, fruits, céréales permet de nourrir 30 personnes

2)                 Une alimentation à base de viande, œufs, lait permet de nourrir 5 à 10 personnes

Si le repas comprend largement de la viande rouge, on ne peut nourrir que 2 à 3 personnes.

Une alimentation écologiquement responsable doit donc se doter d’un cahier des charges privilégiant une alimentation moins carnée et avec une option préférentielle pour les viandes moins nocives.

 

Une alimentation relocalisée

Les pays anglo-américains utilisent désormais la notion de kilomètre-alimentaire (Food milles). Elle est reconnue officiellement par le gouvernement britannique, presque ignorée en France. L’idée est simple : il s’agit de mesurer la distance que parcourt la nourriture entre l’endroit d’où elle provient et le lieu de sa consommation. Le problème est plus complexe avec les produits industriels (cuisine d’assemblage) car il faut alors tenir compte de l’ensemble des composants qui font un produit. Les fabricants de champagne ont décidé de réduire le poids de la bouteille pour compenser ce kilométrage et limiter au maximum –compte tenu des contraintes techniques- les émissions de CO2. Le gouvernement anglais a décidé de réduire les importations alimentaires de 30 % d’ici à 2020. L’administration américaine a classé l’alimentation problème de sécurité nationale depuis que la CIA a établi que les produits alimentaires font en moyenne 1700 km. La chaine alimentaire consomme donc 20 fois plus de calories qu’elle n’en apporte. En Angleterre, le transport d’une laitue consomme 127 calories pour une calorie de salade ; en France, nous consommons 97 calories de pétrole par calorie d’asperge chilienne, et 66 calories d’essence pour une calorie de carotte africaine. Une bouteille de vin sud-américain transportée en avion représente 5 kg de CO2 de plus qu’une bouteille locale. Songeons que l’Agneau de Nouvelle-Zélande parcourt 18 000 km, le steak d’Argentine 12000 km et que le pot de yaourt (à travers chacun de ses composants) plus de 5000 km. Les choix sont souvent complexes car mieux vaut du point de vue environnemental manger du bœuf local que du poulet importé. On estime que les Canadiens en consommant des produits alimentaires locaux économiseraient 40 kg de production de gaz à effet de serre par an.

Une alimentation écologiquement responsable doit donc se doter d’un cahier des charges privilégiant une alimentation relocalisée avec mention des kilomètres-alimentaires des produits sur la carte.

 

 

Une alimentation saisonnalisée

L’alimentation représente 30 % environ de l’empreinte écologique d’un Européen. L'alimentation a donc une responsabilité considérable dans ce domaine. Un des grands leviers sur lequel l’industrie hôtelière peut agir est le retour à des aliments de saison. Cet effort pourrait être développé en particulier dans l'alimentation collective car avec ses 3,7 milliards de repas servis chaque année, elle constitue un facteur clef pour transformer les processus industriels. Un aliment importé hors saison par avion consomme en moyenne pour son transport 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement et acheté en saison : 1 kg de fraises d’hiver peut nécessiter l’équivalent de 5 litres de gasoil pour arriver jusque dans un restaurant.

Une alimentation écologiquement responsable doit donc se doter d’un cahier des charges privilégiant une alimentation de saison avec un système informatif pour les produits hors-saison.

 

Une alimentation avec des produits frais

Les produits congelés sont très gourmands en énergie tant pour leur fabrication que pour leur conservation. La surgélation consomme 40 % d’énergie en plus que la préparation de conserves. Un produit surgelé équivaut à consommer un produit (fruit ou légume) cultivé sous serre chauffée avec un transport par avion sur une distance de 4000 à 8000 km. Les plats préparés demandent également beaucoup d’énergie pour être fabriqués, conservés et sont souvent sur-emballés. L’utilisation de produits frais aurait en outre deux autres avantages :

1)                 Un avantage organoleptique

2)                 Un avantage macroéconomique en terme d’emploi et de système de qualifications puisque  l'alimentation traditionnelle est pourvoyeuse de plus d’emplois et plus qualifiés.

Une alimentation écologiquement responsable doit donc se doter d’un cahier des charges privilégiant une alimentation avec des produits frais avec indication d’un logo pour ce type de produits. Un débat a longtemps divisé la profession sur le fait de savoir si le terme de restaurant (comme celui de boulangerie) devait être protégé et réservé, dans ce cas, à l’utilisateur de produits frais.

 

 

Une alimentation sans gaspillage

Le PNUE a établi que plus du tiers de l’agriculture mondiale est gaspillée.
Les études donnent des chiffres bien supérieurs pour les Etats-Unis et l’Angleterre (45 %).

Ces pertes concernent la production, la distribution et la consommation.

Les chiffres disponibles pour l'alimentation ne font pas exception.

Il est donc important de revoir les modes de production et de service en fonction d’un objectif de réduction des gaspillages.

Le gaspillage alimentaire en Belgique est de 15 kg/personne/an.

Le gaspillage en alimentation scolaire est de 6 kg/personne/an.

L’Institut Bruxellois a établi que gaspiller un pain équivaut à rouler en voiture pendant 2, 24 km, allumer une lampe (60 W) durant 32,13 heures et faire tourner un lave-vaisselle 1,93 fois. Gaspiller un steak de bœuf équivaut à rouler en voiture pendant 4,89 km, allumer une lampe durant 70,05 heures et utiliser votre lave-vaisselle 4,20 fois.

Un des premiers enjeux serait de ne pas suivre les comportements nord-américains dans l’évolution boulimique des portions. L’usage du dressage d’assiette a eu à cet égard un effet très positif car il représente une économie conséquente en coût-matière.

Une alimentation écologiquement responsable doit donc se doter d’un cahier des charges privilégiant une alimentation sans gaspillage avec réduction des portions et possibilité de (re)service.

 

 

Une alimentation moins gourmande en eau

L’eau douce va être le plus grand problème de l’humanité au 21e siècle.

La quantité disponible par humain ne cesse de chuter :

1950 : 16 800 m3 par personne

2000 : 6800 m3

2025 : 4800 m3

L’OMS estime que 3 milliards d’humains auront moins de 1700 m3 (seuil alerte).

Cette évolution n’a rien de naturelle. Elle est liée à nos modes de vie.

La population mondiale a été multipliée par trois en cent ans.

La consommation d’eau par personne a été multipliée par sept.

Un occidental consomme chaque jour 100 fois son poids d’eau.

Un nord-américain consomme 2 fois plus d’eau qu’un européen.

Le type d’alimentation a une responsabilité particulière dans ce gaspillage.

Il faut changer le régime alimentaire pour changer l’agriculture.
L'alimentation notamment collective peut être là-encore un bon levier.

Nous donnerons quelques chiffres établissant l’incidence de la production sur la consommation d’eau.

Blé : il faut 1100 litres d’eau pour produire 1 kg

Riz : il faut 1400 litres pour produire un 1 kg

Soja : il faut 2700 litres pour produire 1 kg

Bœuf : il faut 13 500 litres pour produire un 1 kg

Porc : il faut 4600 litres pour produire un 1 kg

Volaille : il faut 4100 litres pour produire un 1 kg

Lait : il faut 3000 litres pour produire 1 litre

Fromage : il faut 5000 litres pour produire 1 kg

Œufs : il faut 2700 litres d’eau pour produire 1 kg

Un adepte d’un régime carné consomme 4000 litres d’eau par jour.

Un végétarien consomme 1500 litres.

On peut rappeler en terme de comparaison qu’il faut 1300 litres pour fabriquer un teeshirt en coton soit l’équivalent de 15 baignoires pleines.

Une alimentation écologiquement responsable doit donc se doter d’un cahier des charges privilégiant une alimentation peu gourmande en eau avec indication des principales mesures par type de produits.

 

Une alimentation issue de l'agriculture biologique

L'alimentation bio est foncièrement moins émettrice de CO2 en raison de son type d’agriculture. Encore faut-il que cette agriculture « bio » ne soit pas celle d’une bio-industrie parcourant des milliers de km ou utilisé dans le cadre d’une alimentation désaisonnalisée ou avec des produits prêts-à-l’emploi. Une alimentation écologiquement responsable devra se méfier des fausses bonnes solutions : on peut citer l’exemple du Tofu (matière première importée et responsable de déforestations importantes) ou celui du Quorn (alimentation obtenue par fermentation pour créer un champignon riche en protéines en ajoutant du sucre, des vitamines et des sels minéraux), « aliment » résultant d’un procédé industriel tout autant émetteur de GES que la viande qu’il est pourtant censé remplacer. Une alimentation écologiquement responsable doit donc se doter d’un cahier des charges privilégiant une alimentation de type « bio-local » avec mention des différents labels existants.

 

 

Une alimentation bio-diversifiée

Il a fallu des dizaines de millions d’années pour constituer la biodiversité.

 Cette biodiversité diminue de façon très rapide puisqu’on estime que d’ici 2050, 15 à 37 % des espèces animales et végétales auront disparues. Nous sommes donc entrés dans la sixième grande phase d’extinction des espèces, la cinquième ayant concerné la disparition des dinosaures et de 50 % des espèces alors existantes, ceci il y  a 65 millions d’années. Cette biodiversité permet de mieux manger (adaptation aux variations climatiques et diversité organoleptique/gustative). On estime qu’il existe entre 300 000 et 500 000 espèces de plantes dont 30 000 comestibles. L’humanité sait en cultiver 7000. L’agriculture moderne n’a cessé de réduire ce pool génétique. L’industrie française n’utilise plus que 3 grosses variétés de pommes de terre contre 70 au Pérou.

Les spécialistes estiment que 95 % des variétés de choux, 91 % des variétés de maïs, 94 % des variétés de petits pois, 81 % des variétés de tomates ont déjà disparu….

La situation de l’élevage est aussi catastrophique : sur 500 000 espèces (oiseaux/mammifères), l’agriculture industrielle en utilise une trentaine parmi lesquelles la moitié (vache, cochon, mouton, poulet, canard, cheval) assure 90 % de la production mondiale. On a donc perdu 90 % de la diversité animale au cours du 20e siècle : 41 % des 1500 races restantes devraient disparaitre dans les 20 ans. Les pays du Sud sont beaucoup plus sages et gourmands. Ainsi l’Asie continue à élever 150 races différentes de porcs alors que les Etats-Unis se contentent de 40 races différentes.

Une alimentation locale et de saison doit aussi être une alimentation biologiquement diversifiée. On peut donner en exemple le programme des sentinelles crées par le mouvement Sloow food.

 Une alimentation écologiquement responsable doit donc se doter d’un cahier des charges avec des objectifs quantifiables d’utilisation de végétaux et de races animales assurant une biodiversité. Il pourrait s’agir par exemple de diversifier dans l’année les variétés de chaque produit (petits pois, etc). 

 

 

Conclusion

Ce choix nécessaire d’une alimentation écologiquement responsable suppose de faire retour sur la dimension symbolique et rituelle de la table, pour que l'alimentation puisse offrir des produits à forte valeur ajoutée culturelle et non énergétique. Ce choix deviendra possible le jour où l'alimentation saura rappeler au consommateur que, par exemple, manger chinois ce n’est pas manger du riz avec des baguettes, mais que chaque aliment possède de par sa forme, sa consistance, son mode de cuisson une dimension symbolique. Un repas amoureux chinois doit par exemple offrir des produits de forme arrondie. Un repas d’anniversaire chinois doit contenir des mets allongés en promesse de longévité. Faut-il rappeler que les Egyptiens antiques avaient un seul hiéroglyphe pour dire manger et parler ? Que nous leur devons notamment le pain et le vin comme aliments symboliques ? Faut-il rappeler qu’en grec ancien le même mot « daï » veut dire manger et partager ? Que nous devons à cette symbolique les termes de copain ou compagnon (celui avec qui je partage le pain) et celui d’ami (celui avec qui je partage le sel c’est-à-dire l’esprit sain en vieil araméen) ? Faut-il rappeler que nous devons à la Rome antique le mariage de la table et du plaisir ? Quitte en effet à partager un met autant qu’il soit bon au goût mais aussi à l’âme ! Une alimentation écologiquement et socialement responsable n’a t-elle pas meilleur goût (dans la tête) ? Ce n'est pas par hasard que la table des pays pauvres est la plus riche culturellement alors que celle des pays riches est la plus pauvre dans ce domaine.

 

Au vénézuela

Caracas, 1èr avril (RHC-PL)- Le Système Supérieur d'Approvisionnement Sûr, dont la mission est de garantir que les aliments subventionnés par l'État arrivent à la population a commencé à fonctionner dans le pays.

A travers 156 registres, le système évite le détournement des produits et met fin à la contrebande d'extraction qui retire 40 % des aliments acquis par l'Exécutif.

Le Système Supérieur d'Approvisionnement Sûr comprend une première étape dite de registre, au cours de laquelle une empreinte digitale de chaque client qui se rend dans l'un des points de distribution est prise en vue de confirmer l'enregistrement biométrique.

Le ministre vénézuélien de l'Alimentation, Félix Osorio, a déclaré que ce recensement, permettra la création d'une base de données des usagers de la Mission Alimentation dans le but d'affiner l'approvisionnement requis par les acheteurs du réseau public des aliments.

 

La guerre des graines

L'expérience de Grigny avec les semis désobéissants

La Guerre des Graines – (Documentaire – France 5 dont une partie a été tournée à Grigny).